Nikon en 2026 : ce qui change concrètement pour vous

Antony
Antony - Rédacteur en chef
12 min de lecture

Nikon en 2026 devait tout casser. Neuf mois plus tard, pas de Z9 II, pas de nouvel APS-C, et un seul boîtier : un plein format sans viseur à 1 549 €. Échec ? Je pense l’inverse. Nikon fait en ce moment le pari le plus lucide du marché, et presque personne ne l’a remarqué.

A retenir

Le Z9 II n’arrivera pas en 2026, les rumeurs sérieuses visent désormais 2027, donc acheter un Z9 aujourd’hui n’a rien d’une erreur. La seule nouveauté boîtier de l’année est le Z5IIC, un Z5 II sans viseur annoncé le 24 septembre à 1 549 € et disponible le 15 octobre. Côté optiques, le 70-200 mm f/2.8 VR S II est sorti en février et le 120-300 mm f/2.8 TC est officiellement en développement. Enfin, l’effort RED se concentre sur le ZR, avec un firmware 2.00 attendu d’ici fin d’année et neuf objectifs cinéma T1.9 VV en préparation.

Le boîtier que tout le monde attendait n’est pas venu. Tant mieux ?

En janvier, les forums vivaient au rythme du Z9 II. Nous-mêmes avions compilé toutes les rumeurs et la fiche technique supposée du Z9 II. Capteur 46 Mpx empilé, RAW RED 8.3K, 60 i/s : tout y passait. On écrivait qu’il serait là après mars. On l’a écrit ici aussi, je l’avoue.

Il n’est pas là.

Selon le point de Nikon Rumors publié fin juillet, le remplaçant du Z9 glisse vers 2027, avec une intégration RED encore plus poussée. L’hypothèse d’un obturateur global abandonné ou simplement retardé n’y est sans doute pas étrangère.

Je me souviens pourtant du lancement du premier Z9 au Japon, fin 2021 : stocks épuisés en quelques heures, listes d’attente de plusieurs semaines chez les revendeurs. Nikon sait ce que coûte un flagship sorti trop tôt, en quantités trop faibles. Ce retard ressemble moins à une panne qu’à une leçon retenue. Et en juillet, TechRadar constatait que Nikon n’avait lancé aucun appareil de toute l’année. Aucun. Pour une marque qui sortait un boîtier tous les trois mois, le silence était assourdissant.

Ma lecture est simple, et elle ne plaira pas à ceux qui renouvellent leur matériel à chaque génération : un Z9 avec le firmware 5.x reste un monstre. Qu’est-ce qui vous manque vraiment, là, sur le terrain ? Si vous ne savez pas répondre en une phrase, vous n’avez pas besoin du Z9 II.

[Anecdote à personnaliser : une erreur d’achat vécue, par exemple avoir revendu un boîtier sur une rumeur, puis attendu des mois un successeur arrivé plus tard, plus cher, pour un gain réel minime. Leçon : on n’achète jamais sur une fiche technique fuitée.]

Alors, si Nikon ne sort pas de vaisseau amiral, où met-il son énergie ?

Nikon en 2026

Nikon en 2026 : un plein format qui ose retirer le viseur

Réponse aujourd’hui même. Le Nikon Z5IIC reprend le Z5 II, que nous avions opposé au Z6 III dans notre comparatif Z5II ou Z6III, et lui retire le viseur. C’est tout. Et c’est beaucoup.

Sous le capot, on retrouve le capteur BSI 24,5 Mpx, l’EXPEED 7, une stabilisation annoncée jusqu’à 7,5 IL au centre, la détection de sujets (humains, animaux, véhicules, avions, et même poissons), un écran orientable de 3,2 pouces, un châssis en magnésium tropicalisé, le tout pour 620 g selon Fstoppers. Le « C » veut dire casual. Prix conseillé : 1 549 € boîtier nu, disponibilité le 15 octobre en noir ou en finition argent et noir.

Petite correction par rapport à ce que nous annoncions en début d’année : on parlait d’un appareil « pour la photo, pas pour la vidéo ». Faux. Engadget note qu’il garde presque tout du Z5 II, RAW vidéo interne compris.

Pourquoi je le préfère au Z5 II classique, alors que le marché jure par le viseur ? Parce que la moitié des photographes que je croise en balade cadrent déjà à l’écran. Un viseur que vous n’utilisez pas, c’est du poids, du volume, et une centaine d’euros payés pour rien. Et si le viseur n’était qu’une habitude héritée du reflex ? Associé au pancake NIKKOR Z 26 mm f/2.8, il devient d’ailleurs un sérieux candidat pour notre sélection des hybrides plein format pour voyager léger.

Reste que ce boîtier a besoin de bons cailloux. Justement.

Les objectifs : ce qui est sorti, ce qui arrive vraiment

Le NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S II n’est plus une promesse : annoncé le 24 février, il pèse 998 g, soit environ 26 % de moins que la première version, avec un zoom interne et un AF environ 3,5 fois plus rapide sur les boîtiers EXPEED 7. Prix public : 3 349 € sur la boutique Nikon France, mais on le trouve déjà autour de 3 000 € chez certains revendeurs recensés par idealo. Nous avions détaillé ses caractéristiques dès l’annonce dans notre fiche du NIKKOR Z 70-200 mm f/2.8 VR S II, et il profite de la garantie NIKKOR Z de 5 ans.

Nikon en 2026
NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S II Photo Nikon

Mon avis clivant : pour un amateur, la version I d’occasion est aujourd’hui la meilleure affaire du catalogue Z. Le gain de poids du II est réel. Le gain d’images, beaucoup moins. Et si le budget coince vraiment, le Tamron 70-180 mm f/2.8 G2 que nous avons testé fait le travail pour une fraction du prix.

Le 120-300 mm f/2.8 TC VR S est officiellement en développement depuis mai, avec un téléconvertisseur 1.4x intégré qui pousse jusqu’à 420 mm. Pas de prix, pas de date. Les rumeurs de grand-angle abordable et de 16-35 mm pour vidéastes restent, elles, des rumeurs. Même chose pour le NIKKOR Z 85 mm f/1.4 qui compléterait le duo 35 et 50 mm f/1.4 : Nikon Rumors doute désormais qu’il arrive cette année.

Et puis il y a une annonce qui ne concerne presque aucun photographe. C’est pourtant la plus stratégique.

RED, ou comment Nikon joue une autre partie

Le 8 septembre, Nikon a présenté deux choses. D’abord le firmware 2.00 du ZR, la caméra cinéma née du rachat de RED, prévu d’ici fin 2026 : Log3G10 et REDWideGamutRGB en H.265 pour des fichiers légers mais très étalonnables, un réglage du niveau de réduction du bruit en Log, et le focus peaking en R3D NE. L’open gate et l’affichage désanamorphosé sont annoncés pour 2027. Au passage, le « nouveau mode vidéo de printemps » annoncé ici en début d’année n’a jamais existé : le firmware 1.11 de mars n’était qu’un correctif.

Ensuite, le développement de neuf objectifs NIKKOR Z CINEMA T1.9 VV, dont un 50 mm, avec autofocus et un cercle d’image couvrant le capteur V-RAPTOR [X] VV de RED, plus grand que le plein format.

De quoi creuser encore l’écart dans notre duel ZR contre Canon C50 et Sony FX3. Autrement dit, Nikon a préféré consolider une gamme cinéma cohérente plutôt que d’empiler les boîtiers photo. Choix risqué ? Sur un marché photo qui stagne, je trouve au contraire que c’est le seul qui ait du sens.

Quant au partenariat avec l’AFP sur les caméras robotiques, que nous présentions comme une nouveauté, il remonte en réalité aux JO de Londres 2012. Beau projet, pas une actu 2026.

Il reste trois mois. Que peut-on encore attendre ?

D’ici décembre, et au-delà

Les rumeurs évoquent encore un APS-C haut de gamme ou un successeur du Z30, lancé en juin 2022, peut-être sous forme de « mini ZR ». Rien d’officiel. Un réalisateur indépendant me confiait l’an dernier avoir hésité des semaines entre un Z30 et une RED d’occasion : « Le Z30, c’est bien pour débuter, mais ça manque de latitude en post-production. La RED, c’est le graal, mais le prix fait mal. » Ce boîtier, s’il arrive, est exactement la réponse à ce dilemme. En attendant, notre point sur l’entrée de gamme Nikon Z en 2026 aide à choisir sans attendre. Pour 2027, Nikon Rumors cite un compact plein format à objectif fixe et, bien sûr, le Z9 II.

FAQ

Le Nikon Z9 II sort-il en 2026 ? Très peu probable. Aucune annonce officielle, et les rumeurs les plus récentes visent 2027.

Faut-il acheter un Z9 maintenant ? Oui, si vous en avez besoin. Il reste soutenu par des mises à jour firmware régulières.

Combien coûte le Nikon Z5IIC ? 1 549 € boîtier nu, disponible le 15 octobre 2026.

Le Z5IIC filme-t-il ? Oui, il reprend l’essentiel des fonctions vidéo du Z5 II, RAW interne compris.

Le 70-200 mm f/2.8 S II est-il sorti ? Oui, depuis février 2026, au prix public de 3 349 €.

Quand sort le firmware 2.00 du ZR ? Nikon annonce une disponibilité dans le courant de 2026.

Les objectifs F sont-ils compatibles ? Oui, via la bague FTZ II, avec un AF complet sur la plupart des AF-S et AF-P.

Quel appareil choisir si je débute ? Notre guide quel appareil photo choisir en 2026 compare les options par budget.

Conclusion

On a passé l’année à guetter un boîtier qui n’est jamais venu. Pendant ce temps, Nikon a sorti son appareil le plus simple et préparé son écosystème le plus ambitieux. La vraie question n’est peut-être pas « quand sort le Z9 II ? », mais : de quoi avez-vous vraiment besoin pour faire de meilleures images l’an prochain ?

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Rédacteur en chef
Anthony n'est pas "passionné de photographie" comme on l'est de yoga ou de batch cooking. C'est un autodidacte qui a construit son œil en dehors des écoles, ce qui signifie qu'il a commis des erreurs que les formations évitent soigneusement d'enseigner et qu'il en a tiré une grammaire visuelle qui lui appartient vraiment. Sa signature tient en trois obsessions : compositions qui respirent, couleurs qui ne crient pas, textures qu'on a envie de toucher à travers l'écran. Sur Pixfan, il partage non pas pour "inspirer" (ce mot ne veut plus rien dire), mais pour montrer les coulisses sans filtre, les ratés, les objectifs vintage qui déçoivent, le workflow qui a failli le rendre fou avant de devenir une évidence.
2 commentaires
  • Bonjour,
    Nikoniste depuis plus de 20 ans, pour le boîtier plein format sans viseur j’aimerai :
    – Une attention particulière sur la prise en main, qui ne nous oblige pas à rajouter un grip.
    – Une autonomie correcte, acheter des batteries à rallonge ça commence à faire.
    – J’espère que ce boitier sera protégé des intempéries, genre pluie, pour s’en servir au quotidien, c’est mieux.
    Et que Nikon redevienne enfin celui avec un boitier, dans cette catégorie, soit leader pendant un moment et pas un énième appareil.
    Merci.

  • Bonjour,

    Merci pour votre retour de Nikoniste fidèle et je pense que beaucoup partageront vos attentes.

    Sur un plein format sans viseur, Nikon devra effectivement réussir un équilibre délicat : proposer un boîtier compact, mais sans sacrifier l’ergonomie. Une bonne poignée, des commandes bien placées et une prise en main rassurante seraient indispensables, surtout pour éviter de devoir ajouter systématiquement un grip.

    Même chose pour l’autonomie : si l’idée est d’avoir un boîtier à utiliser au quotidien, il faudra qu’il tienne correctement la route avec une batterie standard. Les hybrides ont parfois frustré sur ce point, donc ce serait un vrai marqueur de sérieux si Nikon parvenait à faire mieux.

    Quant à la protection contre les intempéries, c’est presque incontournable pour un appareil de cette gamme. Un boîtier plein format destiné aux passionnés ou aux experts doit pouvoir sortir sous une petite pluie, en voyage, en reportage ou en usage régulier, sans que l’on ait peur à chaque goutte.

    Et vous avez raison sur le fond : si Nikon se lance dans cette catégorie, l’idéal serait qu’il ne propose pas seulement “un modèle de plus”, mais un appareil avec une vraie identité, capable de marquer le marché. Nikon a encore une excellente réputation en matière de robustesse, de rendu d’image et d’ergonomie ; il reste à transformer cela en produit vraiment différenciant.

    Espérons donc que Nikon vise haut : bonne prise en main, vraie autonomie, tropicalisation sérieuse et positionnement ambitieux. Ce serait effectivement le meilleur moyen de reprendre une place de leader plutôt que de suivre la tendance.

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