Le prix fait parler. Le téléconvertisseur intégré mérite davantage l’attention. Avec son futur Nikkor Z 120-300mm f/2.8 TC VR S, Nikon prépare un télézoom qui associe deux configurations : 120–300 mm f/2,8 et 168–420 mm f/4. Reste à savoir ce que cette souplesse apportera réellement sur le terrain, et à quel tarif en France.
- À retenir
- Non, les 13 999 dollars ne sont pas encore le prix Nikon
- Nikon Z 120-300 mm f/2,8 TC VR S : deux objectifs dans un seul ? La formule serait trop commode
- Son prédécesseur pesait 3,25 kg. Le nouveau doit encore monter sur la balance.
- Le mauvais comparatif serait de ne regarder que les 420 mm
- Fin octobre : une présentation attendue, pas une disponibilité acquise
- Le premier essai devra mettre le convertisseur à l’épreuve
- Un objectif coûteux n’a pas besoin de convenir à tout le monde
À retenir
Nikon a officiellement annoncé le développement du Nikkor Z 120-300mm f/2.8 TC VR S le 7 mai 2026. Ce télézoom plein format en monture Z appartient à la série S et intègre une stabilisation VR ainsi qu’un téléconvertisseur 1,4×. Dans sa mise à jour du 24 octobre, Nikon Rumors évoque un prix américain de 13 999 dollars, corrigeant son estimation précédente. Une présentation complète est attendue fin octobre selon ce même site. Le prix français, le poids définitif et les premières livraisons restent à confirmer.
Non, les 13 999 dollars ne sont pas encore le prix Nikon
La correction est importante.
Après avoir envisagé un montant susceptible de dépasser 16 000 dollars ou euros, Nikon Rumors a revu son information le 24 octobre. Dans sa mise à jour consacrée au prix américain, le site avance désormais 13 999 dollars. Il continue d’évoquer la possibilité d’un tarif de 16 000 euros en Europe, sans que cela constitue une annonce française officielle.
Il faut donc distinguer trois choses : une estimation américaine désormais précise, une hypothèse européenne et un tarif constructeur encore attendu dans les sources officielles consultées.
Cette distinction évite une fausse équivalence. Les 13 999 dollars ne permettent pas d’afficher un prix en euros, pas plus que la mention de 16 000 euros ne permet d’annoncer un prix français TTC confirmé.
Mais le débat tarifaire masque une question plus intéressante : que paierait-on ici que n’offrirait pas déjà un téléobjectif lumineux ?
La réponse commence par un changement de configuration.

Nikon Z 120-300 mm f/2,8 TC VR S : deux objectifs dans un seul ? La formule serait trop commode
Sans son téléconvertisseur, le futur Nikkor Z est un 120–300 mm à ouverture maximale constante f/2,8. Avec le multiplicateur 1,4× engagé, il devient un 168–420 mm f/4. Il gagne donc en portée tout en perdant un diaphragme.
Ce n’est pas un 120–420 mm f/2,8.
La nuance détermine l’usage, pas seulement la justesse d’une fiche technique. Prenons une situation illustrative : un photographe cadre une action à 300 mm f/2,8 et souhaite resserrer son image. Le convertisseur lui donne accès à 420 mm, mais l’ouverture maximale passe à f/4.
Autre situation : le sujet se rapproche. Avec le convertisseur engagé, la plage commence à 168 mm, et non plus à 120 mm. Retrouver le cadrage le plus large de l’objectif suppose de revenir à la configuration native.
L’intérêt n’est donc pas de supprimer les arbitrages. Il est de les réunir dans un même ensemble.
C’est ce qui rend le concept séduisant pour le sport, usage mis en avant dans l’annonce officielle de développement de Nikon France : disposer d’un zoom lumineux, puis d’une plage plus longue lorsque la situation le justifie. Mais la facilité avec laquelle on passe de l’une à l’autre devra être évaluée, pas déduite de la présence d’un levier.
La vraie promesse est une polyvalence de cadrage. Pas un supplément de focale gratuit.
Son prédécesseur pesait 3,25 kg. Le nouveau doit encore monter sur la balance.
Le 120–300 mm n’est pas une expérience sans précédent chez Nikon.
L’AF-S Nikkor 120-300mm f/2.8E FL ED SR VR, destiné aux reflex, est arrivé au premier trimestre 2020. Phototrend rappelle le contexte peu favorable de ses débuts : la pandémie, puis la poursuite de la transition vers les hybrides. Ce modèle pesait 3,25 kg.
Selon les informations de Nikon Rumors rapportées dans son article du 23 octobre, sa masse pourrait être proche de celle du Canon RF 100-300mm f/2.8 L IS USM, soit environ 2,6 kg. Si cette indication se confirme, le modèle Z serait sensiblement plus léger que son prédécesseur reflex malgré le multiplicateur intégré. Pour l’instant, cela reste une comparaison entre une masse connue et une estimation.
L’allégement serait bienvenu. Il ne suffirait pourtant pas à décrire le confort.
Pour cet objectif, je privilégierais une évaluation de l’équilibre et de l’accès aux commandes plutôt qu’un classement fondé uniquement sur le poids. Comment se manipule le convertisseur lorsque l’œil reste au viseur ? Le changement de configuration oblige-t-il à modifier sa prise ? L’ensemble reste-t-il agréable à suivre lorsqu’un sujet change de direction ?
Voilà ce qu’une fiche technique ne tranchera pas.
Le mauvais comparatif serait de ne regarder que les 420 mm
Le présenter comme un concurrent de tout objectif capable d’atteindre 400 mm conduirait à une comparaison peu utile.
Ce Nikon propose d’abord un 120–300 mm f/2,8. Sa configuration 168–420 mm f/4 vient élargir ses possibilités ; elle ne doit pas effacer l’intérêt de la plage native. À l’inverse, un photographe surtout attiré par 420 mm doit garder à l’esprit qu’il utilisera alors l’objectif à f/4 au maximum.
La question pertinente n’est donc pas simplement : « Jusqu’où va-t-il ? »
C’est plutôt : « À quelle fréquence ai-je besoin de passer d’un cadrage relativement large à un cadrage plus serré, tout en conservant une ouverture f/2,8 lorsque le convertisseur est désengagé ? »
C’est pour cette raison que je retiens la souplesse de cadrage comme angle principal, plutôt que la portée maximale. Elle explique la singularité du projet. Les 420 mm, pris seuls, n’en racontent que l’extrémité.
Et si votre travail vous conduit presque toujours à la même longue focale ? Le zoom et son convertisseur pourraient alors représenter des possibilités moins décisives pour vous. Le prix devra être jugé à l’aune de l’usage, pas du nombre de fonctions réunies.
Fin octobre : une présentation attendue, pas une disponibilité acquise
Nikon Rumors évoque une présentation complète à la fin du mois, avec un titre mentionnant le 29 octobre. Il s’agit d’une information du site, pas d’une date officiellement confirmée par Nikon dans les sources consultées.
Surtout, présentation ne signifie pas livraison.
La communication de développement de Nikon France précise que les détails et la date de sortie seront annoncés ultérieurement. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de promettre une disponibilité en magasin fin octobre.
Le prix français TTC, l’ouverture éventuelle des commandes et la date des premières livraisons devront être vérifiés séparément. Pour un acheteur qui prépare une saison ou une mission, cette distinction compte davantage que quelques jours d’écart entre deux rumeurs d’annonce.
Le premier essai devra mettre le convertisseur à l’épreuve
Une belle image à 300 mm ne suffira pas.
Le point à examiner sera la cohérence des performances entre les deux configurations. Le convertisseur conserve-t-il suffisamment de détails et de contraste ? L’autofocus reste-t-il régulier ? La manipulation est-elle assez naturelle pour profiter de cette souplesse lorsque le sujet n’attend pas ?
Ce sont des questions ouvertes, pas des défauts présumés.
Les sources officielles consultées ne détaillent pas encore l’ensemble de la formule optique, la motorisation autofocus, le gain chiffré de stabilisation ou les distances minimales de mise au point. Elles ne permettent pas non plus d’affirmer une compatibilité avec des téléconvertisseurs externes.
Il serait donc prématuré de compléter la fiche en empruntant les technologies d’autres objectifs Nikon, ou de promettre une qualité d’image « sans compromis » avec le multiplicateur.
Un essai utile devra montrer ce que l’on gagne, mais aussi ce que l’on échange : portée contre ouverture, possibilités de cadrage contre encombrement, souplesse contre coût. C’est à cet endroit que le produit deviendra intéressant à juger.
Un objectif coûteux n’a pas besoin de convenir à tout le monde
À 13 999 dollars selon la dernière estimation américaine de Nikon Rumors, ce télézoom s’annonce comme un équipement très spécialisé. Son tarif définitif reste néanmoins à confirmer par Nikon.
Il n’a pas besoin d’être présenté comme le choix idéal de tous les photographes de sport ou d’animalier. Son intérêt dépendra d’un besoin précis : alterner les cadrages et les configurations assez souvent pour que leur réunion dans un même objectif ait une valeur concrète.
Le test décisif pourra commencer par une question toute simple : sur une série d’images réellement livrées, combien auront bénéficié de cette souplesse ?
C’est là que se fera la différence entre un objectif impressionnant et un outil qui justifie sa place dans le sac.

