Le nouvel OM System PEN tient avec un 17 mm f/1,8 dans une poche de veste. Ajoutez un 12 mm f/2 et un 45 mm f/1,8 dans un petit sac, et vous gardez trois focales fixes sur vous sans organiser une expédition. C’est là que ce boîtier prend tout son sens.
À 999 € nu, l’OM System PEN ne tente pas de ressusciter le PEN-F de 2016 à l’identique. Il reprend son viseur électronique logé dans l’angle du boîtier et une partie de son charme, mais il s’adresse à un public plus large : photographes de voyage, amateurs de JPEG soignés et utilisateurs qui veulent enfin un hybride léger qu’ils emportent sans y penser.
L’essentiel
| Caractéristique | Spécification |
|---|---|
| Type | Hybride à objectifs interchangeables |
| Monture | Micro Four Thirds / Micro 4/3 |
| Capteur | Live MOS Micro 4/3, 17,4 × 13,0 mm |
| Définition effective | 20,4 Mpx (20,37 Mpx selon les sources) |
| Processeur | TruePic IX |
| Sensibilité | ISO 200 à 25 600 ; extension basse jusqu’à ISO 64 |
| Stabilisation | Stabilisation mécanique du capteur sur 5 axes |
| Gain de stabilisation | Jusqu’à 5,5 IL au centre et 4,5 IL en périphérie, selon la norme CIPA 2024 |
| Autofocus | AF hybride : détection de phase + détection de contraste |
| Collimateurs AF | 121 points à détection de phase de type croisé + 121 zones de contraste |
| Détection de sujets | Personnes, chats et chiens, avec fonctions fondées sur l’IA |
| Viseur | OLED, 2,36 millions de points, positionné à gauche du boîtier |
| Écran | LCD tactile orientable de 3 pouces, 1,04 million de points |
| Obturateur mécanique | Jusqu’à 5 i/s |
| Rafale électronique avec AF/AE | Jusqu’à 8 i/s |
| Rafale haute vitesse | Jusqu’à 30 i/s, AF/AE verrouillés sur la première image |
| Pro Capture | Oui, jusqu’à 30 i/s |
| Haute résolution | JPEG 25 ou 50 Mpx, à main levée ou sur trépied |
| Fonctions computationnelles | High Res Shot, Live ND, Focus Stacking, HDR, exposition multiple, Live Composite, bracketing de mise au point |
| Profils créatifs | 4 profils couleur et 4 profils monochrome |
| Vidéo Cinema 4K | 4 096 × 2 160 px à 24p |
| Vidéo 4K UHD | 3 840 × 2 160 px jusqu’à 30p |
| Vidéo Full HD | Jusqu’à 60p |
| Ralenti | Jusqu’à 120 i/s en Full HD via S&Q |
| Codec vidéo | MOV, MPEG-4 AVC / H.264, 8 bits |
| Entrée micro | Jack 3,5 mm stéréo |
| HDMI | Micro-HDMI Type D |
| USB | USB-C, USB 2.0 Hi-Speed |
| Carte mémoire | SD, compatible UHS-I |
| Sans-fil | Wi‑Fi IEEE 802.11b/g/n et Bluetooth 5.2 Low Energy |
| Batterie | Li-ion BLS-7, 1 285 mAh |
| Autonomie | Environ 400 à 410 vues selon la norme CIPA |
| Protection | Protection poussière et éclaboussures IPX1, avec objectif compatible |
| Température de fonctionnement | Jusqu’à –10 °C annoncés |
| Dimensions | 125,8 × 74,5 × 43,3 mm |
| Poids boîtier nu | Environ 344 g |
| Poids avec batterie et carte | 393 g |
| Coloris | Noir ou argent |
| Prix boîtier nu | 999 € au lancement |
| Prix en kit | 1 099 € avec le M.Zuiko Digital 14-42 mm f/3,5-5,6 III |
| Disponibilité annoncée | À partir du 1er octobre 2026 en Europe |
Un PEN-F II ? Pas vraiment
C’est le point à régler avant de parler de qualité d’image ou d’autofocus. L’OM System PEN n’est pas le successeur premium que beaucoup d’utilisateurs de PEN-F espéraient.
Le PEN-F avait une construction métallique, une finition plus raffinée et un tarif de lancement de 1 200 dollars en 2016. Une fois l’inflation prise en compte, ce prix correspondrait à environ 1 700 dollars en 2026. Le nouveau PEN coûte 999 €, soit une baisse nette de positionnement, pas une simple remise tarifaire.
OM System a repris plusieurs éléments de l’Olympus E-P7 : un châssis majoritairement fabriqué en plastique technique, une interface moins luxueuse et le sélecteur avant dédié aux profils couleur et monochrome. Le boîtier n’a toutefois rien d’un jouet. Il donne une impression de densité, avec un poids de 414 g annoncé et une ergonomie suffisamment équilibrée pour utiliser un petit zoom ou une focale fixe lumineuse.
Le vrai héritage du PEN-F se trouve au coin supérieur gauche. Le viseur OLED de 2,36 millions de points est une rareté dans cette catégorie de taille. Il n’est pas plus défini que celui du PEN-F, mais il reste l’un des meilleurs compromis disponibles pour conserver un boîtier de type télémétrique vraiment compact.
Cette filiation explique pourquoi le PEN attire immédiatement l’œil. Elle explique aussi une partie de la déception chez les passionnés. Ils attendaient une sorte de mini OM-3 au style PEN-F, avec un boîtier en métal, un capteur empilé et une fiche technique agressive. OM System livre plutôt un appareil photo de voyage à objectifs interchangeables, stabilisé et raisonnablement tarifé.
Ce n’est pas la même promesse.

Test OM System PEN : le Micro 4/3 garde son meilleur argument
Le PEN s’appuie sur un capteur Live MOS Micro 4/3 de 20,4 Mpx. Il n’est pas empilé, contrairement à ceux des OM-1 et OM-3. Il ne promet donc pas les mêmes vitesses de lecture, ni le même potentiel en rafale ou en suivi de sujet.
En contrepartie, le format Micro 4/3 permet de construire un ensemble que peu de systèmes APS-C égalent réellement sur le terrain. Avec le 17 mm f/1,8, vous obtenez un équivalent 34 mm discret pour la rue et le quotidien. Le 45 mm f/1,8 donne un équivalent 90 mm léger pour le portrait. Le 12 mm f/2 couvre un équivalent 24 mm pour les paysages, l’architecture ou les scènes de voyage.
Ces optiques ne transforment pas votre sac en valise photo. C’est le détail qui compte.
Le zoom de kit M.Zuiko Digital ED 14-42 mm f/3,5-5,6 EZ III couvre l’équivalent d’un 28-84 mm. Il est compatible avec le focus stacking et peut rester pertinent pour partir léger, même si les focales fixes sont celles qui font ressortir la personnalité du système.
Face au PEN, les Fujifilm X-T30 III et Nikon Z50 II proposent des capteurs APS-C, mais adoptent une silhouette de mini-reflex et ne disposent pas de stabilisation intégrée. Le Fujifilm X-E5 est plus proche dans son approche télémétrique avec viseur déporté, mais son positionnement tarifaire est plus élevé.
La stabilisation interne sur cinq axes est annoncée pour 5,5 IL au centre de l’image et 4,5 IL sur les bords. Elle sert davantage qu’un chiffre flatteur sur une fiche produit : elle permet de photographier une façade à la lumière du soir, de garder les ISO sous contrôle et de déclencher à main levée sans chercher un appui.
Le PEN profite aussi d’outils computationnels qui font partie de l’ADN OM System : Live ND, Live Composite, Pro Capture, focus stacking et haute résolution de 50 Mpx à main levée. Le mode haute résolution fonctionne mieux sur les sujets calmes et demande du temps de traitement. Pour un paysage sans mouvement, une œuvre ou une nature morte, il donne un surplus de latitude utile.
Un autofocus moins autonome qu’il paraît
Sur le papier, l’autofocus progresse beaucoup face aux anciens PEN. Le boîtier utilise 121 collimateurs à détection de phase croisés, avec détection des humains, chiens et chats.
Dans la pratique, il faut garder la main.
Le système de reconnaissance peut prioriser un visage ou un animal reconnu au lieu du collimateur que vous avez placé. Si vous modifiez le comportement pour favoriser votre collimateur, la reconnaissance de visage ou d’œil est alors ignorée. Cette logique manque de souplesse face aux systèmes plus récents, capables d’identifier un œil à l’intérieur de la zone AF demandée par le photographe.
Le PEN reste efficace pour une scène posée, un portrait, une rue tranquille ou un voyage. Il devient moins convaincant dès que la scène s’accélère. Photographier un enfant qui traverse le cadre, un chien qui court ou un cycliste dans une rue chargée demande de surveiller la taille de zone AF, de replacer le point et parfois de neutraliser la reconnaissance de sujet.
L’absence de joystick AF ne facilite pas ce travail. Le pavé directionnel et l’écran tactile assurent le déplacement du collimateur, mais cette manipulation est moins directe qu’avec un joystick dédié. Un photographe habitué aux hybrides récents sentira immédiatement le décalage.
La rafale électronique atteint 30 images par seconde, avec autofocus et exposition verrouillés sur la première image. Avec suivi, l’appareil atteint 8 images par seconde avec l’obturateur mécanique. Ce n’est pas un boîtier destiné au sport ou à l’animalier rapide. C’est un appareil capable de saisir un moment prévu, à condition de préparer sa mise au point.
La vidéo reste secondaire
L’OM System PEN filme en 4K jusqu’à 30 images par seconde, en 8 bits. Il propose du Full HD jusqu’à 120 i/s pour le ralenti, l’OM-Log400, de la vidéo verticale et les profils couleur de la marque.
Pour filmer une séquence de voyage, une visite de ville ou quelques plans pour les réseaux sociaux, cela suffit. Les profils JPEG et les modes couleur permettent même de sortir des séquences agréables sans passer des heures devant un logiciel d’étalonnage.
Pour une production vidéo régulière, le PEN part avec plusieurs longueurs de retard.
Le 10 bits est devenu courant sur les hybrides actuels. L’OM-Log400 en 8 bits laisse moins de marge lors de l’étalonnage, notamment sur les ciels, les aplats et les scènes à fort contraste. L’absence de prise casque est plus pénalisante encore : vous pouvez brancher un micro externe, mais vous ne pouvez pas contrôler le son pendant l’enregistrement. Une climatisation, un frottement de câble ou un niveau trop faible peut donc ruiner une prise sans que vous le sachiez.
Le port USB-C reste limité à l’USB 2.0 à 480 Mbit/s. Ce n’est pas dramatique pour transférer des JPEG après une journée de marche. Pour vider fréquemment de grosses cartes ou intégrer le boîtier à un flux vidéo, cette limite rappelle que la vidéo n’a pas guidé la conception de l’appareil.
Faut-il acheter l’OM System PEN ?
L’OM System PEN est un bon achat si vous voulez un hybride qui reste petit une fois les objectifs montés. Son viseur, sa stabilisation, ses JPEG, ses outils créatifs et l’écosystème Micro 4/3 en font une solution très cohérente pour la photo de voyage, la rue, le quotidien et les portraits.
Il est moins pertinent si vous cherchez le successeur haut de gamme du PEN-F. Le boîtier n’a ni la construction métallique ni les ambitions techniques attendues pour cela. Il ne conviendra pas davantage à un vidéaste régulier ou à un photographe qui attend un suivi autofocus sans intervention.
Ce PEN ne remplace pas le PEN-F dans le cœur des collectionneurs. Il remet pourtant sur le marché une idée devenue rare : un appareil à objectifs interchangeables avec viseur, stabilisation et vraies optiques compactes, qu’on peut emporter sans avoir l’impression de transporter son matériel de travail.
Le prix de 999 € devient alors cohérent. Il achète moins une fiche technique qu’une probabilité plus élevée d’avoir un appareil photo avec soi quand une image mérite mieux qu’un téléphone.
Quel compromis acceptez-vous le plus volontiers : perdre un peu en qualité d’image maximale, ou laisser un appareil trop lourd à la maison ?


